LA DRAPERIE

DANS LE PROJET:

A partir du XIIIe siècle, on a tendance à privilégier le lavage de la laine et non celui des moutons. Après la tonte, la laine brute est stockée dans des lieux secs et aérés à l’abris de l’humidité, où elle sera triée et classée par qualité et par couleur (premier appentis).

Le traitement de la laine, pratique féminine, débute par la pratique du battage qui consiste à éliminer les impuretés par un battage vigoureux sur une claie (second appentis).

Les claies peuvent être faites de cordes tendues sur un châssis de menuiserie dont le maillage est assez serré pour que la laine ne puisse pas passer au travers. Cette activité peut être masculine. Deux ouvriers placés face à face y étalent la laine bien sèche par mesures précises et on la bat à l’aide de baguettes pour l’ouvrir et faire tomber sous la claie les poussières qu’elle renferme. L’extrémité de la claie est frappée pour faire enfler la laine.

Une fois le battage effectué, les fibres sont lavées et désuintées par des bains chauds répétés dans des cuves à l’aide d’un bâton (travée 1). L’ensimage permet de protéger la fibre par huilage au beurre ou au suif (travée 2). Les poils les plus longs étaient peignés à l’aide de peignes en bois ou en os utilisés par deux.

A partir du XIIIe siècle, une nouvelle technique apparaît: le cardage permettant de traiter aussi les poils courts à l’aide d’outils à petites dents fines ou de chardons à foulon (travée 3).

Dans le cadre de Montcornet, nous avons choisi une halle pour abriter ces activités au pied du château car cette architecture a déjà été décrite pour cette fonction en Belgique. Dès le XIe siècle, le développement de la draperie à Namur, Huy, Saint-Trond et Liège vaut à ces produits d’être présents sur les trois foires de Cologne. Au XIIIe siècle, à Namur, le métier est important au point que les drapiers disposent de deux halles pour eux seuls où se pratiquaient les opérations nécessaires à la fabrication des étoffes (Maison du patrimoine médiéval mosan).